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Plainte,
mode d' emploi
Si
porter plainte peut paraître simple de prime abord, les choses
peuvent parfois se compliquer ensuite. Une revue de détail
des différentes démarches vous permettra d' optimiser
votre procédure. . .
1. Allez voir la police
Après
les actes dont vous avez été victime, si les forces
de police n' étaient pas présentes sur les lieux,
présentez-vous à la brigade de gendarmerie ou au commissariat
le plus proche de l' endroit où se sont produits les faits
pour porter plainte. Depuis peu, il est possible de le faire dans
n' importe quel commissariat.
Attention! Souvent, lorsque les événements sont peu
graves ou le préjudice de faible importance, les forces de
police, par manque d' effectifs, ou par souci de dédramatiser,
risquent de refuser d' enregistrer votre plainte. Si vous vous heurtez
à un mur d' incompréhension, rien ne vous empêche
de vous rendre dans un autre poste de police, ou encore de vous
adresser directement au procureur de la République. Car quoi
qu' il en soit, le commissariat, ou la gendarmerie, lui transmettra
votre plainte.
2. Adressez-vous au
procureur
Écrivez
par lettre recommandée(voir
modèles de lettres), au procureur de la République
du tribunal de grande instance du lieu où l' événement
s' est déroulé, ou du domicile de l' auteur de l'
infraction si vous connaissez son adresse. Si vous avez été
blessé, pensez à joindre une photocopie des certificats
médicaux, ainsi que les devis de remise en état de
votre voiture et la prise en charge partielle par votre assurance.
Si l' auteur
n'a pu être identifié, ou si l' infraction n'a pas
pu être établie, le procureur de la République
peut ne pas entériner votre plainte. Il la classe alors sans
suites. Attention, il n'est pas obligé de vous informer de
sa décision. S' il n' engage pas de poursuites, vous ne serez
pas automatiquement informé. Ce n'est que si vous écrivez
aux services du procureur que vous saurez ce qu' il en est.
3. Que faire en cas
de classement sans suites ?
Selon
les chiffres publiés par le ministère de la Justice,
80 % des plaintes sont classées sans suites. Cela en raison
de l' impossibilité de retrouver l' auteur de l' infraction,
du peu d' importance de la faute sur le plan économique,
ou encore de la surcharge des services du parquet. Si vous êtes
dans cette situation, tout n'est pas perdu. Vous pouvez exercer
vous-même les poursuites. La loi vous offre deux possibilités
: la citation directe et la plainte
avec constitution de partie civile..
Citer directement
votre adversaire devant le tribunal Pour cela, il faut lui adresser
un acte, délivré par un huissier de justice, le convoquant
à comparaître devant tel tribunal, tel jour à
telle heure, pour tel motif. Le mieux est de confier cette tâche
à un avocat (même si cela n'est pas obligatoire), car
il s' agit d' un acte juridique lourd de conséquence qui
déterminera la suite des événements. Votre
avocat se chargera de se constituer partie civile pour vous. Il
prendra des conclusions pour réclamer la réparation
de votre préjudice, et fournira au tribunal un
dossier avec toutes les pièces justifiant le dommage subi.
Attention! Si vous devez témoigner au procès, ne vous
constituez partie civile que le jour de l' audience après
avoir déposé et avant le réquisitoire du ministère
public. En effet, vous constituer partie civile avant l' audience
interdit au tribunal de vous entendre comme témoin. . Déposer
plainte avec constitution de partie civile La plainte avec constitution
de partie civile doit être adressée au doyen des juges
d' instruction du tribunal de grande instance du lieu où
l' infraction a été commise, ou à celui du
domicile de l' auteur des faits. Cette plainte déclenche
l' action publique. Cela signifie qu 'une information judiciaire
est obligatoirement ouverte contre la personne désignée.
Si le juge d'instruction décide de ne pas donner suite à
votre plainte, il rend une ordonnance de nonlieu. Il vous reste
alors la possibilité de faire appel devant la chambre d'accusation
de la cour d'appel.
Afin d'éviter
les abus engendrés par ce type de plaintes, et dans l'hypothèse
où vous n'avez pas obtenu l'aide juridictionnelle (la prise
en charge totale ou partielle des frais de justice), vous devez
déposer au greffe du tribunal une somme d'argent afin de
garantir les frais de procédure si vous perdez le procès.
Ici encore, il n'est pas obligatoire de recourir aux services d'un
avocat. Cependant, c'est préférable car il s'agit
d'actes juridiques dont la rédaction nécessite une
certaine habitude. Par ailleurs, le dossier d'instruction ne vous
sera accessible que par son intermédiaire. Le coût
est variable en fonction de la nature du litige et de la lourdeur
du procès (minimum 6 000 à 7 000 F). Les honoraires
étant libres, nous vous conseillons de poser la question
à votre avocat dès le départ, et de signer
une convention prévoyant précisément les bases
de sa rémunération. .
Modèle
de lettre au procureur
Accident de la
circulation
Monsieur
le procureur de la République,
J'ai été victime d'un accident de la circulation le
(jour) à (lieu).
Des personnes ont été témoins de cet accident.
I\ s'agit de (noms et adresses des témoins).
L'auteur de cette infraction est (nom, prénom et adresse)
ou le conducteur du véhicUle immatriculé (n°,
genre, marque, couleur).
A la suite de cet accident, j'ai subi un dommage corporel (joindre
certificat médical) et matériel évalué
à. . .
F (joindre les devis).
Veuillez agréer, Monsieur le Procureur de la République,
l'expression de ma considération distinguée.
Escroquerie
Monsieur
le procureur de la République,
J'ai été victime d'une escroquerie (jour) à
(lieu).
En effet, Monsieur X (nom, prénom et adresse) a acquis mon
véhicule de marque..., immatriculé..., au pm de...
F. Je vous joins copie de la carte grise et de l'acte de cession.
Monsieur X m'a payé avec un chèque de banque établi
par (nom de la banque et adresse).
Or, il s'est avéré que ce chèque était
falsifié (copie de la lettre de mon banquier).
Veuillez agréer, Monsieur le procureur de la République,
l'expression de ma considération distinguée.
| Dans
quels délais agir ?
Il
ne vous sera plus possible de vous constituer partie civile
devant les juridictions pénales (tribunal de police,
tribunal correctionnel) :
si l'auteur de l'infraction est décédé
;
- si un an s'est écoulé depuis la contravention
(blessures ayant entraîné un arrêt de travail
de moins de trois mois), ou trois ans s'il s'agit d'un délit
(blessures ayant entraîné un arrêt de travail
de trois mois ou plus, vol, tromperie, escroquerie, ou délit
de fuite).
Si vous avez laissé passer ces délais, vous
pouvez encore agir devant les tribunaux civils pour engager
la responsabilité civile de l'auteur des faits et demander
des dommages-intérêts, et ce pendant trente ans
après l'accident (tribunal d'instance pour un préjudice
inférieur à 50 000 F, de grande Instance au-delà). |
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